Vous êtes ici : Accueil > Découvrir Glisolles > Histoire > Histoire de Glisolles : Le moulin
Publié : 7 mai 2011

Histoire de Glisolles : Le moulin

Tout d’abord il faut savoir que le Moulin de Glisolles à l’origine n’était pas situé sur le Rouloir pour la bonne raison qu’à l’époque le rouloir n’existait pas. Il était naturellement implanté sur l’Iton et plus précisément sur le chemin d’accès à Gaudreville et qu’il était alors nommé ‘Le Moulin rouge’.

Il appartenait à la Seigneurie de Glisolles s’étendant alors de Grigneuseville, Fosse-aux-Dames, Gaudreville, les prés des Rochettes, les limites de Conches.

En ces temps lointains (XVIIe siècle) les ressources de notre commune et de la région étaient l’élevage, les bêtes sont aux champs il faut donc de l’herbe et une irrigation et l’on comprend vite que l’eau devient le centre de certain conflit quant à son utilisation voir son exploitation.

C’est à cette époque que le cours de l’lton est dévié pour devenir le canal et permettre une irrigation des terres du domaine seigneurial.
René de Longueil, exilé par le cardinal Mazarin pendant trois ans dans son domaine de Glisolles et sa Haute Maison (lieu de vie des seigneurs) veut mettre un terme au conflit d’irrigation entre Glisolles et la Bonneville. C’est en 1676 que son fils Jean de Longueil dit seigneur de Maisons, mettra en place un compromis entre sa famille et celle M. de Mascaron, la rivière du domaine de Glisolles prend naissance sous conditions de construire les ponts et irrigations annexes desservant le bas de la vallée.
Dans la 1re moitié du XVlll éme siècle Samuel Bernard achète la seigneurie, c’est en 1732 que Le seigneur d’Evreux le duc Bouillon obtient du conseil du mille droit de rendre les cours d’eau flottables afin d’y faire circuler des marchandises, c’est alors que commencent les problèmes. En effet ce dernier est propriétaire principal des forêts de Conches et le moyen alors le plus simple de déplacer le bois jusqu’à la seine puis jusqu’à la mer pour les constructions de navire sont les moyens fluviaux. Cette exploitation crée de nombreuses inondations et mise à sec détruisant les poissons qui aboutissent à une pléiade de procès entre le duc Bouillon et les riverains.

En 1739 le petit-fils de Samuel Bernard, Anne Gabriel Henri Bernard de Rieux, marquis de Boulainvilliers hérite de Glisolles. Le Président, comme on l’appelle à l’époque a de grandes idées pour sa seigneurie. Vers 1748-1750 il fait construire un nouveau château à la place de la Haute Maison.

Il installe un moulin sur le canal dans les années 1770-1772, fait construire les grandes fermes du domaine d’Angerville et de Glisolles.
Les tensions continuent entre Glisolles et son voisin Evreux, un terrain d’entente est cherché autour de l’idée d’un aménagement de la rivière pour devenir un vrai canal situé dans le lit de cette dernière. En 1760, l’expert Fontaine donne un avis défavorable, entre 1770 et 1772, Boulainvilliers passera outre et fera creuser à mains d’homme le canal qui alimentera son Moulin.

Le moulin est alors une bâtisse importante avec murets l’entourant, grille pour l’entrée comme celle du château, des étables, bien sur le fournil, des arbres fruitiers et un verger à l’extérieur des murets.
Vient ensuite la période révolutionnaire où le domaine est séquestré par l’état et laissé en quasi-abandon, la famille Boulainvilliers émigre hors de France seule une des filles reste sur le territoire et lègue à son fils Aimé le domaine Seigneurial.

En 1803 le père qui occupe le château demande à son fils d’effectuer des travaux, l’inoccupation a laissé des traces.
C’est également à cette époque que l’on a trace du décès du meunier Mouchar.

En 1813, un nouveau meunier, Louis René Mouchar arrive au domaine suivi du Meunier Buisson et de nouveaux travaux sont exécutés ; couvertures des bâtiments en tuile et aménagement des combles du moulin en locaux de vie.

En 1826 on notera des travaux de remise en état des locaux suite à la mauvaise gestion des lieux par le Meunier Buisson, dont la réfection de la roue du moulin avec les hêtres du hameau.

En 1832 des travaux de nettoyage des cascades sont effectués.

En 1840 le duc Aimé rejoint son père au château, des travaux d’embellissement du château sont réalisés ainsi qu’une modernisation des fermes et moulins du domaine.

En 1847 on rénove et on équipe ceux d’Angerville et de Glisolles de mécanismes modernes et on les surélève, on les complète par des bâtiments d’exploitation, celui du château a des écuries, une maison d’habitation.

Le moulin du château aura sa dernière amélioration en 1852 par l’élargissement de la voie sur le pont. Des travaux d’entretien (au four à pain) et d’amélioration (construction d’une cheminée dans la chambre de la maison) sont encore relevés, en 1890, sur l’initiative des successeurs du duc Aimé.

Au milieu du XVIII éme siècle le syndicat de l’lton est créé, Le ruisseau de Conches s’appellera dorénavant le Rouloir.

En 1920, M et Mme Avila, ont succédé au dernier meunier, M. Levindré, qui se retirait, en fin de bail.

Tout d’abord locataires du duc Philibert, puis, propriétaires.
Ils établissent une scierie dans les locaux du Moulin elle fonctionnera jusqu’à la fin des années 50.

A partir de 1963 un ensemble de problème de succession et d’exploitation feront que le moulin va se dégrader et perdre de son cachet.
C’est pourquoi en 1998 l’Etablissement Public de la Basse Seine c’est rendu acquéreur pour y construire dans le cadre qui a peu bougé un ensemble de logements s’intégrant dans une partie des murs reconstitués.

Texte d’Alain Haudebourg, déja publié sur l’ancien site internet de Glisolles.