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Publié : 7 mai 2011

Histoire de Glisolles : Le chateau

Le nom primitif de « Glisolles », tel qu’on le relève dans des documents du VIIIe siècle, était « Ecclesiolae », « Petites églises »,sans nul doute parce qu’il y avait plusieurs édifices religieux sur son territoire.
Au fil des ans, le nom de notre commune a pris sa forme actuelle.

Au XIIe siècle, les grands rôles de l’échiquier de Normandie mentionnent « Yglesoles ».

Au début du XIIIe siècle, la charte de Luc, évêque d’Evreux, cite en faveur de son chapitre " Glesol ». En 1207, une charte de Philippe-Auguste est relative à une transaction sur « Glisoliis ».

La longue histoire de notre commune peut être évoquée au travers des différents propriétaires de ce que fut le vicomté de Glisolles.

En 1215, un certain Amaury Poullain, seigneur de Glisolles et de Grossoeuvre, donna aux religieux de Saint-Taurin toutes les dîmes de ses moulins de Glisolles. Son petit-fils mourut sans enfant, et c’est sa soeur, Amicie, mariée au chevalier Henri, fauconnier du roi et châtelain du Château-Gaillard, qui fut son héritier.

Au XVe siècle, Glisolles appartenait à la famille du chevalier Martel, seigneur de Bac-queville.

Au XVIe siècle, c’est à la famille De Boullenc qu’appartenait la seigneurie de Glisolles. Elle la conserva jusque vers le milieu du XVIIe siècle.
Par contrat en 1645, les domaines de Conches, de Breteuil et d’Evreux furent adjugés au président De Maisons. Noyé dans cet immense territoire, Glisolles appartint à la même famille jusqu’en 1731, date à laquelle mourut précocement Jean-René de Longueil, marquis de Maisons et Poissy, seigneur de Longueil, Sevré et Glisolles. Il avait trente-trois ans et c’est la petite vérole qui l’emporta.

La terre de Glisolles fut alors achetée par le financier Samuel Bernard, une des plus solides fortunes de son temps. C’était l’époque où le Trésor royal avait peine à suffire aux dépenses occasionnées par les guerres continuelles. Dans ces conditions, les contrôleurs des finances étaient tout heureux de s’assurer le concours d’hommes comme Samuel Bernard qui, grâce à leur fortune, parvenaient à prendre rang parmi la foule brillante des courtisans de Louis XIV et de Louis XV. Ainsi, on rapporte qu’en 1725 Samuel Bernard prêta un million de francs à la Ville de Paris pour qu’elle puisse acheter du pain. A sa mort, il laissa une solide fortune. Il avait été anobli en 1699, il était conseiller d’Etat et ses enfants étaient alliés aux meilleures familles du Royaume.

C’est à son second fils Gabriel, dit « le président Rieux », qu’échut la terre et seigneurie de Glisolles. Le président Rieux laissa pour veuve Suzanne de Boulainvilliers. A la mort de celle-ci, son héritier, le président Boulainvilliers, fit construire le château de Glisolles.

A la succession du Comte, le domaine de Glisolles fut donné en partage à l’une de ses filles : Madame de Clermont-Tonnerre. La famille de Clermont-Tonnerre conserva le château et sa forêt jusqu’en 1926.

Le plus illustre des Clermont-Tonnerre fut le duc Aimé-Gaspard, né en 1779 ; helléniste distingué, il mourut à Glisolles en 1865. Il fut pair de France, ministre de la Marine puis de la Guerre, sous Louis XVIII et Charles X. C’est son fils, Louis-Aimé, qui put obtenir le passage à Evreux de la voie ferrée Paris-Cherbourg alors que le relief ne s’y prêtait pas.
Le dernier des Clermont-Tonnerre, qui habita Glisolles, le duc Philibert, fut maire de la commune. Des chroniqueurs murmurent que c’est son infortune conjugale qui le décida à se retirer dans son château d’Ancy-le-Franc, près de Tonnerre, dans l’Yonne.

Le 30 juillet 1926, le négociant en valeurs mobilières Pacquement se porta acquéreur du château et de ses dépendances. Le nouveau propriétaire voulut entreprendre de grands travaux ; on en retint que des terrasses inachevées et des embellissements prétentieux. Le coulissier Pacquement connut une existence mouvementée pour finalement être condamné au bagne.


Aussi, le 10 mars 1931, Maître Cousinou, notaire à Evreux, procédait à la vente du domaine, et, pour 2,26 millions de francs de l’époque, il était adjugé à un marchand de biens qui le revendit en lots, les fermes d’une part, le bois et le château d’autre part.

Avec la dispersion de ce qui fut le domaine de Glisolles, nous entrons dans l’histoire contemporaine. Histoire qui, pour cette noble demeure, devait se terminer par des ruines.

Pour ce qui est du château de Glisolles il fut occupé par les Anglais de 1939 à 1940 pour y installer une réserve d’essence et y mettre la documentation locale aéronautique, lors de l’approche des troupes allemandes, les occupants des lieux ont préféré mettre le feu aux bâtiments le consumant quasiment dans sa totalité.

De l’époque du château il ne reste aujourd’hui que le Rouloir, la maison du concierge (RN830 qui coupe l’ancien parc du château et chemin du Chêne de St Barbe), le caveau familial des Clermont-Tonnerre en face de l’église, la maison du jardinier restaurée, située prés du caveau et les 3 corps de ferme (Grigneuseville, Angerville et Glisolles).

Texte d’Alain Haudebourg déja publié sur l’ancien site internet de Glisolles